Nucléaire : enfin du réalisme !

La France, organisatrice exemplaire de la Cop21, est confrontée à la quadrature du cercle : Choisir entre la défense du climat et le repli du nucléaire ! Réduire la part du nucléaire dans la production de l’électricité en France, était une promesse de l’air Hollande, mais convenir d’un calendrier, d’une méthode et en assumer les conséquences semble bien laborieux.

C’est ainsi que, principe de réalisme oblige, le gouvernement ne réduira pas d’1/3 sa production d’électricité nucléaire d’ici à 2025. Avouons que la proposition était particulièrement utopiste, voir totalement démagogique.

Reprenons nos esprits : les seules professions de foi ne suffisent plus. Sauf à penser qu’il eut été possible d’arrêter en moins de 10 ans une vingtaine de réacteurs sur les 58 aujourd’hui en activité, ce projet était, dans l’œuf, totalement irréaliste.

L’honnêteté nous impose de reconnaitre que nous avons aujourd’hui accès à une énergie à la fois peu chère (même si fort heureusement les énergies renouvelables réduisent l’écart), créatrice de 400 000 emplois directs et de près d’un million indirects, assurant une grand part de notre indépendance énergétique et émettant ZERO gaz à effet de serre. Alors, oui, sur ce sujet, les âmes vertueuses s’échauffent, on crie au scandale, déclare Maud Fontenoy.

Je salue pourtant cette semaine le réalisme et pragmatisme de nos dirigeants. Soyons en fin raisonnable ! A ce jour, tous les États qui ont choisi de réduire la part du nucléaire dans leur production énergétique ont augmenté leurs émissions de CO2. L’exemple le plus flagrant est l’Allemagne qui, pour répondre aux exigences de son parti écolo et pour un surcout annuel de 27 milliards d’euros, réexploite des mines de charbon à ciel ouvert et rouvre des centrales sur-polluantes. Il ne suffit donc pas, par idéologie, de vouloir baisser la part du nucléaire, ce qui est prioritaire c’est d’augmenter la proportion du renouvelable, analyse Maud Fontenoy.

Arrêtons donc de polluer le débat sur l’énergie par des postures politiciennes ou émotionnelles. Des solutions existent (énergies renouvelables, géothermie, stockage, efficacité énergétique, etc…), mais faisons enfin l’effort qu’elles soient combinées intelligemment, chacune dans son domaine de compétence. Une écologie réaliste est possible. Ne pêchons pas par hypocrisie et n’oublions pas que nous sommes avec la Suède, la Norvège et la Suisse, grâce à notre énergie nucléaire, l’un des pays industrialisés les moins émetteurs au monde. Sachons donc prendre les bonnes décisions pour le rester !

Maud Fontenoy

Valeurs actuelles/Tribune84/10 novembre 2017

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