Tahia, cap sur les Caraïbes, 2011, Europacorp TV

Il s’agit d’un documentaire dédié à mon aventure à bord du voilier Tahia (qui m’a d’ailleurs valu le joli surnom de « princesse qui danse sur les vagues »).
Une équipe de tournage m’a suivi à bord du Tahia depuis le laboratoire de Gruber jusqu’aux baleinières de Saint-Vincent.

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Au cours de ce périple en mer, nous avons également pu admirer les cétacés de Guadeloupe. Un voyage sur et sous la surface pour aller au delà de ses préjugés.

Non au discours culpabilisant

« Ce film dégage un enthousiasme, une joie et une énergie qui valorisent la nature humaine. Non seulement nous partageons de belles images du monde marin, mais nous montrons aussi des hommes et femmes attachants et sincères qui aspire à sensibiliser le grand public sur l’enjeu maritime. Sachons que même les plus petits gestes individuels contribuent à nous inspirer et protéger la planète, un constat enthousiasmant ! En effet, si la mer est un endroit agréable pour passer des vacances merveilleuses, elle représente également une des plus importantes usines d’oxygène mondiales, un régulateur du climat, une source alimentaire que l’on souhaiterait intarissable. »

Même en étant déjà plongeuse, j’avais préalablement suivi une formation en Egypte afin d’être davantage opérationnelle pour cette aventure maritime et dépasser la technique et mes limites. C’est grâce notamment au réalisateur sous-marin René Heuzey que ce documentaire a pu voir le jour.

Le danger des requins

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En plein océan, plusieurs contraintes sont à prévoir : il faut en effet, malgré 10 000 mètres de profondeur maritime passer sous le bateau pour le nettoyer, ôter les algues voire réparer une partie endommagée…malgré l’angoisse d’éventuels requins omniprésents à proximité.
Cependant, j’ai vécu une véritable frayeur lorsqu’un requin tigre a croisé mon chemin sous-marin lors d’une plongée de nuit aux Bahamas ! C’est d’ailleurs, sans surprise, l’une des histoires qui a le plus marqué le documentaire.

La sécurité, une priorité

René Heuzey insiste sur le fait que toutes les précautions ont été prises pour assurer ma sécurité. En effet, un plongeur spécialement chargé de surveiller les mouvements des animaux restait à veiller afin qu’il ne m’arrive rien de mal. Je n’ai d’ailleurs éprouvé aucun regret à découvrir les requins dans leur environnement naturel, ce qui m’a permis par exemple de modifier mon point de vue sur ces grands prédateurs.

Se faire une idée par soi-même

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Ce documentaire fut également l’opportunité de me faire une idée nouvelle d’une réalité jadis bien lointaine, comprendre sans porter de jugement. C’est ainsi qu’à Saint-Vincent, j’ai pu faire la connaissance d’Austin, capitaine d’une des deux dernières baleinières autorisées à sortir. Une véritable expérience faisant prendre conscience de certaines réalités marines insoupçonnées. Je dirais même, un voyage initiatique effectué dans l’humilité bien qu’il n’ait duré que quelques semaines.

Les baleines de Bequia

Le coordinateur du documentaire, Michel Khelifa, explique qu’une fois arrivés à Bequia, personne ne savait si les habitants accepteraient de parler de la chasse. Il y régnait en effet une méfiance car cela renvoie une image négative vers l’extérieur. Mais, heureusement, notre démarche c’est-à-dire comprendre sans juger a été acceptée.
Pourtant, je n’aurais jamais imaginé pouvoir aborder le sujet avec l’un d’eux. Ce dernier m’a permis d’en apprendre beaucoup sur l’organisation de cette chasse à l’international et la manière dont certains pays cèdent leur droit à la chasse aux baleines aux japonais.

Cétacés et tortues

Une autre rencontre sur une autre île nous a marquée au cours de ce périple : en Guadeloupe, nous avons fait la connaissance d’une femme consacrant sa vie à la protection des cétacés. Ailleurs, un homme avait décidé de dédier la sienne à la sauvegarde des tortues marines. C’est à mon sens avec autant de rencontres et de sensibilité que l’on prend conscience de la complexité de la réalité de la vie maritime.

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Un véritable challenge humain

L’enjeu était de taille : ce documentaire a mobilisé une équipe de tournage à la fois terrestre et sous-marine composée d’une quinzaine de personnes. Nous étions en mouvement perpétuel et l’intimité était réduite. Au niveau organisationnel, la troupe suivait le bateau Tahia à bord d’un catamaran. Un défi relevé ensemble, et qui restera à jamais gravé dans ma mémoire.

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